Puberté, règles, contraception, IST, consentement : autant de sujets dont on parle peu en famille, et souvent mal entre amis. Du 23 au 25 septembre 2026, à Azovè, 50 adolescents et jeunes de Lalo, Toviklin et Klouékanmè ont pu en discuter librement, avec des sages-femmes, lors d’une formation sur la Santé et les Droits Sexuels et Reproductifs (DSSR) et l’Éducation Complète à la Sexualité (ECS). Organisée par GRASID ONG dans le cadre du projet Space to Lead, avec Plan International Bénin et le financement de l’Agence Suédoise de Coopération Internationale au Développement (SIDA), l’initiative a bénéficié de l’implication directe de la Direction Exécutive de GRASID ONG et de l’appui technique de l’Institut National d’Ingénierie de Formation et de Renforcement des Capacités des Formateurs (INIFRCF). Son objectif : donner aux jeunes des informations fiables pour protéger leur santé et faire d’eux des relais auprès de leurs pairs.
DSSR et ECS : GRASID ONG et Plan International Bénin apportent des informations fiables à 50 adolescents et jeunes du Couffo
Dans les communes du Couffo, beaucoup d’adolescents découvrent leur corps et leur sexualité à travers les rumeurs, les réseaux sociaux ou les conseils approximatifs de leurs camarades. C’est à ce vide que la formation d’Azovè a voulu répondre. Les participants ont été choisis parmi les OSC dirigées par des jeunes, les pairs éducateurs accompagnés par l’ONG CeRADIS et les enfants qui fréquentent les Espaces sûrs de Banigbé et Lokogba à Lalo ; Ayahohoué et Tchikpé à Klouékanmè et Adjido et Houédogli à Toviklin. Âgés de 13 à 24 ans, ils ont travaillé en deux groupes, les 13-17 ans et les 18-24 ans, pour que chacun reçoive un contenu adapté à son âge et puisse poser ses questions sans gêne.
Face à eux, pas de cours magistral, mais des sages-femmes des centres de santé de Hlassamè et de Toviklin, habituées aux réalités du terrain. Elles ont abordé sans détour les droits liés à la santé sexuelle et reproductive, les changements de la puberté, le fonctionnement du cycle menstruel, l’hygiène intime, les méthodes contraceptives ou encore la prévention des IST et du VIH. Les droits ont occupé une place centrale : droit à l’information, droit d’accéder à des services de santé adaptés, droit d’être protégé contre les violences. Un message a particulièrement marqué la salle : avant 18 ans, nul ne peut être marié. Des numéros verts de structures d’écoute ont été partagés pour que les jeunes sachent vers qui se tourner en cas de besoin.



La qualité des contenus a fait l’objet d’une attention particulière. Venue de Cotonou, l’équipe de l’INIFRCF, institution publique qui pilote au Bénin, la généralisation de l’Éducation à la Santé Sexuelle en milieu scolaire représentée par le Dr AZOKPOTA Emmanuel, a assuré la supervision technique de la formation. Sa présence a permis de garantir des messages conformes aux orientations nationales et une approche pédagogique adaptée aux adolescents.
Des participants aujourd’hui prêts à devenir des relais d’information dans leurs communautés
Au fil des sessions, la timidité des premiers instants a laissé place à la confiance. Les questions, d’abord hésitantes, sont devenues plus directes. Pour Sétomagbé, cette formation est arrivée au bon moment :
« Je cherchais des informations sur l’hygiène corporelle et menstruelle. Je suis heureux et soulagé. Je prends l’engagement de sensibiliser les jeunes et adolescents de ma communauté. » — Sétomagbé, participant
Chez certains, l’atelier a même provoqué une remise en question personnelle. Un participant a reconnu devant ses camarades qu’il entretenait des relations difficiles avec ses parents, et s’est engagé à changer d’attitude à son retour. Un témoignage qui montre que l’ECS ne parle pas seulement de santé, mais aussi de respect, de relations et de construction de soi. Valérie, élève et jeune leader, voit déjà plus loin :
« Je vais partager toutes ces connaissances avec mes parents, mes amis, mes frères et sœurs, pour un avenir meilleur dans ma communauté. » — Valérie, participante
Cet engagement des jeunes a été salué au plus haut niveau de l’organisation. Le Directeur Exécutif de GRASID ONG, M. Mesmin T. DJEDJI, entouré du Chargé de programme, M. Ambroise TOHINNOU, et du Responsable Suivi-Évaluation, M. Kouessi DJANGUEDE, a pris part à l’atelier et a échangé directement avec les participants. Une présence qui traduit la place accordée par la direction à la santé sexuelle et reproductive des adolescents dans la stratégie de l’ONG.



Devant les participants, le Directeur Exécutif a félicité les facilitatrices pour la qualité de leur travail et salué l’implication des jeunes tout au long des trois jours. Il les a surtout invités à ne pas garder pour eux ce qu’ils ont appris, mais à le mettre en pratique et à le partager dans leurs familles, leurs écoles et leurs associations. Un appel qui donne tout son sens au projet Space to Lead : faire de chaque participant un relais capable de toucher d’autres jeunes, là où les messages officiels n’arrivent pas toujours. Car l’enjeu dépasse la salle de formation. Une jeune fille qui connaît son cycle, un garçon qui comprend le consentement, un adolescent qui sait où trouver de l’aide : ce sont autant de grossesses précoces évitées, de violences prévenues et d’avenirs préservés.
Avec cette formation, GRASID ONG confirme son engagement pour la santé sexuelle et reproductive des adolescents et jeunes dans le Couffo. Portée par sa Direction Exécutive et appuyée par l’expertise de l’INIFRCF, l’initiative mise sur l’information fiable, la parole libre et l’éducation par les pairs. À travers le projet Space to Lead, elle aide les jeunes à mieux se protéger, à faire des choix responsables et à promouvoir l’égalité entre filles et garçons. De retour à Lalo, Toviklin et Klouékanmè, les participants ont maintenant une mission : faire circuler ce qu’ils ont appris.






